Méthodologie
Cette page détaille comment chaque chiffre et chaque graphique du site sont calculés, et comment les scrutins et les députés sont catégorisés. Objectif : que rien ne soit une boîte noire. Tout est recalculé automatiquement à partir des sources publiques.
Sources des données
Les scrutins, votes, députés et groupes proviennent de l’ open data officiel de l’Assemblée nationale (Licence Ouverte / Etalab 2.0). Les catégories socio-professionnelles proviennent des fiches d’acteurs de l’Assemblée (nomenclature INSEE). Les condamnations proviennent de Wikidata. L’ensemble est reconstruit chaque nuit puis redéployé, afin de refléter les données les plus récentes.
Vocabulaire de base
- Scrutin : un vote public (« scrutin public ») sur un texte, un amendement, une motion, etc.
- Position d’un député : pour, contre, abstention ou non-votant. On considère qu’un député a exprimé un vote s’il a voté pour, contre ou s’est abstenu ; « non-votant » signifie qu’il n’a pas pris part au scrutin.
Position majoritaire d’un groupe
Pour chaque scrutin, on compte les pour, contre et abstentiondes membres d’un groupe. La position majoritaire du groupe est le choix le plus fréquent. En cas d’égalité, la priorité est : pour devant contre devant abstention. Les non-votants ne comptent pas. Si personne ne s’est exprimé, le groupe n’a pas de position sur ce scrutin.
Indicateurs par député
Ces indicateurs (visibles sur les fiches et le comparateur) sont calculés sur l’ensemble des scrutins de la législature.
Participation
Participation = votes exprimés ÷ nombre de scrutins où le député est enregistré.
Part des scrutins où le député a réellement voté (pour, contre ou abstention) plutôt que d’être non-votant.
Loyauté au groupe
Loyauté = votes conformes à la position de son groupe ÷ votes exprimés (sur les scrutins où le groupe a une position).
À quel point le député suit la ligne majoritaire de son propre groupe.
Alignement avec la majorité présidentielle
Alignement = votes identiques à la position majoritaire du bloc présidentiel ÷ votes exprimés (sur les scrutins où ce bloc a une position).
Le « bloc présidentiel » regroupe les groupes soutenant le gouvernement (par exemple, pour la 17ᵉ législature : EPR, Dem et HOR). Une variante ne retient que les scrutins clivants pour éviter que les votes quasi-unanimes ne gonflent artificiellement l’alignement.
Scrutins clivants
Un scrutin est dit clivantlorsque le camp minoritaire pèse au moins 10 % des voix pour et contre exprimées par l’ensemble de l’Assemblée.
Clivant si : min(total pour, total contre) ÷ (total pour + total contre) ≥ 10 %.
Cela écarte les votes consensuels (quasi-unanimes) tout en conservant les votes où un seul gros groupe s’oppose. Utile pour mesurer les vraies lignes de fracture.
Indicateurs par groupe
Cohésion interne
Cohésion = moyenne, sur tous les scrutins, de (plus grand camp du groupe ÷ membres s’étant exprimés).
100 % = le groupe vote toujours d’un seul bloc ; une valeur plus faible traduit des divisions internes fréquentes.
Taux d’accord entre deux groupes
Accord(A, B) = nombre de scrutins où A et B ont la même position majoritaire ÷ nombre de scrutins où les deux ont une position.
C’est la base de la matrice d’accord et de la carte des groupes. Ne sont retenus que les groupes d’au moins 3 membres.
Carte des groupes (MDS)
La « cartographie des groupes » place chaque groupe sur un plan à deux dimensions de sorte que deux groupes proches votent de façon semblable. On part d’une distance entre groupes :
distance(A, B) = 1 − taux d’accord(A, B).
Un algorithme de positionnement multidimensionnel(MDS classique) cherche ensuite les coordonnées 2D qui reproduisent au mieux toutes ces distances. Pour rendre la carte lisible, les axes sont, si nécessaire, retournés en s’appuyant sur des repères connus (des groupes historiquement situés à gauche/à droite, et le bloc présidentiel) :
- axe horizontal : gauche ↔ droite ;
- axe vertical : proximité avec la majorité présidentielle ↔ opposition.
Ces repères servent uniquement à orienterla carte : la position de chaque groupe découle exclusivement de ses votes, jamais d’un classement décidé à l’avance.
Catégories thématiques des scrutins
Chaque scrutin est rangé dans un thème à partir de son intitulé, par détection de mots-clés (après passage en minuscules et suppression des accents). Le thème retenu est celui qui obtient le plus de correspondances ; en l’absence de correspondance, le scrutin est classé « Autre ». Les dix thèmes sont :
Santé · Social · Budget & fiscalité · Environnement & énergie · Économie & travail · Justice & sécurité · International & défense · Institutions & démocratie · Éducation & culture · Société.
C’est une heuristique : rapide et transparente, mais imparfaite. Un intitulé ambigu peut être mal classé.
Orientation gauche-droite
Chaque scrutin reçoit un score d’orientation entre −1 (pôle « gauche » du thème) et +1 (pôle « droite »). Deux méthodes, dans cet ordre :
- Signal du titre : des expressions typiquement « de gauche » (ex. hausse du SMIC, justice fiscale, encadrement des loyers) ou « de droite » (ex. baisse des impôts, allègement, fermeté) sont comptées ; le score penche du côté qui l’emporte.
- À défaut, le comportement de vote : on regarde quels groupes ont porté le texte (soutien net = pour − contre), en projetant chaque groupe sur l’axe gauche-droite issu de la carte MDS.
Un texte dont le score reste proche de 0 est étiqueté « Équilibré ». Les intitulés de pôles (par ex. « Redistributif » vs « Allègements/capital » en fiscalité) sont propres à chaque thème.
Profil d’orientation par thème (groupe ou député)
Pour résumer l’orientation d’un groupe ou d’un député dans un thème, on utilise une logique d’endossement, car s’opposer à un texte est aussi révélateur que le soutenir :
- pôle droite = voter POUR un texte de droite, ou CONTRE un texte de gauche ;
- pôle gauche = voter POUR un texte de gauche, ou CONTRE un texte de droite.
Seuls les textes nettement orientés sont pris en compte (les « Équilibré » et les abstentions sont ignorés).
Catégories socio-professionnelles
Le métier déclaré de chaque député (champ INSEE « famille socio-professionnelle » de sa fiche d’acteur) est ramené à l’une des huit catégories INSEE standard : Agriculteurs exploitants ; Artisans, commerçants et chefs d’entreprise ; Cadres et professions intellectuelles supérieures ; Professions intermédiaires ; Employés ; Ouvriers ; Retraités ; Sans profession déclarée. La répartition affichée porte sur la composition instantanée (un titulaire par circonscription).
Composition « instantanée » et anciens députés
L’Assemblée nationale compte 577 sièges, mais sur une même législature bien plus de personnes peuvent les occuper successivement (nomination au Gouvernement, démission, décès, décision du Conseil constitutionnel, suppléants…). Sur la 17e législature, plus de 640 personnes ont ainsi détenu un mandat de député, alors que 577 sièges seulement existent à un instant donné.
Pour refléter l’état réel de l’hémicycle, on ne garde qu’un seul titulaire par circonscription (département + numéro de circonscription) : le titulaire courant, déterminé à partir des dates officielles de mandat — le mandat en cours (sans date de fin) l’emporte, sinon le mandat terminé le plus récemment. Cette méthode identifie correctement un député tout juste arrivé, même s’il n’a pas encore voté. C’est cette composition (577 sièges) qui sert de base aux cartes et aux agrégats par département ou par catégorie.
Sur la page des députés, cette logique sépare distinctement les 577 députés en exercice des anciens députés de la législature (remplacés en cours de mandat), avec pour ces derniers le motif de départ.
Condamnations
Les condamnations judiciaires proviennent de Wikidata (propriété « condamné pour »), source ouverte et vérifiable. Le rapprochement avec nos députés est strict : il se fait uniquement via l’identifiant officiel Assemblée nationale, jamais par ressemblance de nom, afin d’éliminer tout risque d’homonymie. Chaque entrée conserve un lien vers sa source (Wikipédia / Wikidata) et les doublons sont supprimés.
Conséquence de cette rigueur : la liste peut être incomplète (seules figurent les condamnations documentées dans Wikidata avec l’identifiant AN). Une absence n’a donc pas valeur de casier vierge.
Limites & avertissements
- La catégorisation thématique et l’orientation gauche-droite reposent sur des heuristiques : elles sont indicatives, pas une mesure scientifique validée. Réduire un texte complexe à un seul axe est forcément simplificateur.
- L’étiquetage des axes de la carte MDS est une aide à la lecture, pas une vérité absolue.
- Les statistiques dépendent de la qualité et de la complétude des données sources.
- Ces indicateurs sont des outils d’exploration : en cas de doute, les publications officielles de l’Assemblée nationale font foi.